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Healthy ou hypocrisie ?

Est-ce que vous fumez ? Marchez-vous au moins 10 000 pas par jour ? A quand remontent vos derniers examens sanguins ? Mangez-vous équilibré ? Ok, j’arrête la litanie des questions indiscrètes. C’est vrai après tout, on a beau être journaliste et donc par nature, curieux de l’autre, il ne faut rien exagérer ! De toute façon, ces interrogations, c’est plutôt Generali qui serait susceptible de vous les poser. La compagnie d’assurance envisage le lancement, pour janvier 2017, de la toute première assurance comportementale française. L’idée, c’est de surfer sur la vague des objets connectés et du big data afin de mesurer avec une précision stupéfiante votre mode de vie et ainsi, les risques individuels pris par chaque consommateur.

Donc, les clients jugés les plus vertueux, au regard des canons établis par l’assureur, seront bénéficiaires de réductions diverses, alors que les autres peuvent être pénalisés. « Vitality » sera ainsi une option proposée dans le cadre des complémentaires santé ou prévoyance collectives. Les salariés des entreprises adhérentes seront libres de souscrire. Ou pas. Selon certains observateurs, rien de choquant. Nul besoin de pousser des cris d’orfraie, la pratique est particulièrement répandue notamment aux Etats-Unis. La France fait figure de jeune première timorée en la matière. Fermée, pour l’heure, à faire collectionner vos données personnelles de la sorte - même si vous vous livrez autant, peut-être même plus, à Google, Apple, Facebook… Les partisans de ce système avancent une personnalisation des contrats, permettant de moins payer pour les autres, pourtant principe même de la mutualisation.

Cependant, on peut légitimement s’interroger sur plusieurs points. D’abord, que deviennent l’ensemble des données collectées ? Et puis, de quel droit l’assureur devient-il notre directeur de conscience ? Je trouve qu’il s’agit d’un pas presque dangereux, vers une uniformisation de la société, où il faut manger tous pareil, avoir des activités similaires, et j’en passe. Pourquoi ? Ce qui correspond à l’un ne fonctionne pas nécessairement pour l’autre. Déjà qu’on nous assène à longueur de temps ce que l’on doit manger… Et même si, comme moi, vous n’êtes absolument pas féru de télévision, vous êtes forcément tombé au moins une fois sur ce genre de message. Arrêtons de toujours vouloir prendre les gens par la main, et laissons-les prendre leurs propres décisions ! Car finalement, ne prend-on pas le risque, avec cette innovation, de se voir dicter notre comportement et nos choix ? Et puis, cette segmentarisation pourrait conduire certains de nos concitoyens à avoir du mal à s’assurer. Enfin, le modèle économique proposé est-il si vertueux ? Ce genre de pratique ne risque-t-elle pas de conduire, à plus ou moins long terme, à la dérive du dumping tarifaire ?

D’autres pistes sont d’ores et déjà explorées, pour pousser encore plus loin l’expérience et le partage. De votre façon de conduire à votre façon d’habiter chez vous, tout pourrait bien être passé au crible, par des compagnies désireuses de trouver de nouveaux modèles. Des modèles qui peuvent interroger sur nos choix sociétaux.

Myriam Denis

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